perte de l'audition chez les jeunes
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LE BRUIT



Silence,

Lutter contre le bruit,
ce n'est pas seulement améliorer la
qualité de notre vie :
c'est
protéger notre santé.


    Le bruit n'est certes pas une nuisance récente. Ainsi dans l'Angleterre du 16ème siècle, sous le règle d'Elisabeth 1ère, une loi interdisait aux hommes de battre leur femme après dix heures du soir, afin que les cris des victimes ne troublent pas le sommeil du voisinage ! Mais à l'heure actuelle, dans les pays industrialisés, neuf personnes sur dix se disent incommodées par le bruit, que les citadins considèrent comme l'ennemi public numéro un, à égalité avec la pollution atmosphérique.

Mozart ou le rap ?

      Le bruit est généralement défini comme "un phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme désagréable ou gênante."
La notion de désagrément est très subjective et varie non seulement d'une personne à l'autre selon sa sensibilité et son aptitude à y résister, mais aussi selon les lieux et les moments. Certains, qui adorent le rap, classent la musique classique parmi les bruits, alors que, pour d'autres, c'est l'inverse. Le meilleur des morceaux de musique peut devenir un bruit insupportable si un voisin le passe à plein volume au beau milieu de la nuit.
A cela s'ajoute que, même parmi ses défenseurs inconditionnels, -car il en a, notamment parmi les habitués des discothèques et des concerts pop, - le bruit peut causé des dommages physiques graves, voir irréversibles.

      Pour comprendre la nécessité de combattre le bruit, il faut se rendre compte qu'il 'est pas une simple gêne. En fait, même quand il n'est pas ressenti comme une nuisance, il peut avoir des effets sur la santé !

Pauvres oreilles !

      Au niveau auditif, d'abord. Ce n'est pas pour rien que la législation européenne s'oppose à ce que les travailleurs soient soumis à des ambiances sonores dépassant 85 décibels. Au-delà, la surdité s'installe progressivement, au fur et à mesure que le bruit détruit les cellules ciliées, qui sont les éléments sensoriels de l'oreille interne. C'est pourquoi les ouvriers qui utilisent des marteaux-piqueurs, par exemple, doivent porter des casques amortisseurs, des protège-oreilles ou des bouchons protecteurs et se soumettre régulièrement à des examens auditifs.
Mais bien des gens, jeunes et moins jeunes, s'exposent volontairement, à domicile et dans leurs activités de loisir, à des niveaux sonores bien plus élevés.

Baladeurs, chaînes poussées à fond, discothèques, salles de concert, courses de voitures ou de motos, sans parler des matchs de football où l'enthousiasmes des suporters ne connaît pas de bornes sonores : les occasions de malmener nos oreilles ne manquent pas. Résultat : des études récentes ont révélé, chez des jeunes de moins de vingt ans, des formes de pré-surdité comparables à celles des personnes âgées ! (Lire "Quand la surdité s'installe")

Le bruit qui tue

Par ailleurs, le bruit provoque une accélération du rythme cardiaque et une élévation de la tension artérielle. Les gens exposés à un bruit de trafic routier oscillant entre 60 à 80 décibels (dB (A)) courraient même un risque accru d'infarctus du myocarde. Le bruit favorise en outre certaines affections gastro-intestinales, ainsi que des troubles du système nerveux. Et l'exposition au bruit influe même sur la vision, provoquant un rétrécissement du champ visuel, une moins grande précision dans l'appréciation de la profondeur, une réduction de la vitesse de perception des couleurs et surtout une altération de la vision nocturne.
Le bruit est de plus un facteur de stress qui se traduit par de la fatigue et de l'anxiété, de la dépression et même, trop souvent, de l'agressivité. La preuve ? Dans les quartiers où les niveaux sonores sont particulièrement élevés, la consommation de tranquillisants et d'antidépresseurs bat tous les records. A cela s'ajoute que le bruit produit des interférences dans la communication. Il diminue également les capacités de concentration et de mémorisation. Dans les écoles situées à proximité d'une autoroute ou d'un aéroport, les élèves apprennent moins vite et multiplient les erreurs.
Et ça ne s'arrange pas avec le temps, car, contrairement aux idées reçues, on ne s'habitue pas au bruit. Des électrocardiogrammes et encéphalogrammes pratiqués, pendant la nuit, sur des personnes soumises à des bruits continuels (comme un trafic routier intense) l'ont démontré : même si elles ne sont plus conscientes du bruit ambiant, leur organisme continue à y réagir, d'où un sommeil perturbé et peu réparateur.

Quand la surdité s'intalle


  • Dans un premier temps, l'excès de bruit entraîne une fatigue auditive, c'est-à-dire une diminution momentanée de la sensibilité de l'oreille. En assistant à un concert particulièrement assourdissant, par exemple, on risque de franchir ce que les spécialistes appellent "le seuil temporaire de surdité" à la sortie, on aura l'impression d'avoir du coton dans les oreilles, et on aura du mal à suivre une conversation à voix normale ; il faudra faire répéter certains mots, et on parlera plus fort. Mais ce phénomène disparaîtra au bout de quelques (dizaines de) minutes de récupération.


  • Si l'exposition à des niveaux sonores excessifs se reproduit trop souvent ou se prolonge anormalement, la baisse de faculté auditive devient permanente, car les cellules ciliées de l'oreille interne ont subi des lésions définitives.

  • Sauf dans le cas de la surdité traumatique, qui peut survenir instantanément par suite d'une exposition brève à un niveau sonore très élevé (une explosion, en général, la perte de l'audition est progressive. Aussi longtemps qu'elle ne dépassera pas 20 à 30 dB, on en a pas vraiment conscience. Mais il faut être attentif aux signaux d'alarme de son organisme : acouphènes (bourdonnements, sifflements ou tintements dans l'oreille, sensation de pression douloureuse sur le tympan, difficulté à percevoir certains mots à la télévision ou à suivre une conversation de groupe. Si ces symptômes persistent plus de 24 heures, il faut consulter dès que possible !

Le mythe de 22 heures :
Du fait que le "tapage nocturne" ne commence qu'à 22 H, n'en déduisons pas que nous sommes en droit de faire du bruit. Partout, des arrêtés juridiques relatifs aux bruits de voisinage s'appliquent de jour comme de nuit.

Des plaintes pour "tapage diurne" sont même largement prises en considération.
Alors attention !

Bruyant mais sympa

      Puisque le bruit fait déjà l'objet de nombreux textes de lois, arrêtés et règlements, prouve qu'il doit être combattu dans l'intérêt de notre équilibre et notre santé. Mais son phénomène est si complexe, si subjectif qu'il est difficile à gérer. La manière de l'appréhender n'est pas seulement fonction du bruit lui-même : elle dépend d'élements individuels, comme l'humeur ou la fatigue, mais aussi de facteurs sociocollectifs. Un niveau sonore de 70 dB, par exemple, est plus difficile à supporter quand il est produit par le trafic routier que lorsqu'il est attribuable au passage des trains. Parce que le bruit diffère, bien entendu, mais surtout parce que la conception du moyen de transport n'est pas la même : dans notre société, le train inspire plus de sympathie que la voiture !
      La diversité des sources de bruit complique encore les choses. Dans les agglomérations, les spécialistes distinguent généralement les bruits "structurels", qui tiennent à la structure de la ville et aux modes de déplacement (circulation routière, trafic ferroviaire et trafic aérien) et les bruits "conjoncturels", qui sont liés à des événements localisés, ponctuels ou récurrents : chantiers de construction, installations classées (système frigorifiques des magasins, cheminées d'aération des entreprises, fours des boulangeries, etc.), alarmes et sirènes, activités nocturnes en plein air, établissements ouverts au public (bars, cafés, restaurants, salles de spectacle) et troubles de voisinage.


Bruit contre bruit

      Inutile de dire qu'individuellement, nous n'avons que peu ou pas d'influence sur la plupart de ces bruits. Ce n'est pas de nous que dépendent les décisions en matière d'aménagement de la voirie, ni le contrôle acoustique des véhicules à moteur, ni la réglementation du trafic aérien, ni les prescriptions techniques relatives aux installations classées, ni l'élaboration de normes de bruit pour les


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chantiers ou de règles d'utilisation des sirènes pour les véhicules prioritaires.   
      Mais devons-nous, pour autant laisser tout le travail aux pouvoirs publics, en nous contentant de porter plainte à répétition - et d'isoler nos habitations ?
Il existe certainement une manière "humaine" de traiter le bruit. Le bruit, n'est-il pas moins un problème d'isolation qu'une question de respect d'autrui ?
      Le fait est que nous supportons beaucoup mieux notre propre bruit que celui de nos voisins. Ceux qui tondent leur pelouse le dimanche après-midi, qui font hurler leur télévision à longueur de soirée ou qui se font couler un bain à deux heures du matin, nous en connaissons tous. Mais nous-mêmes, sommes-nous sûrs de ne pas tenir notre partie dans le vacarme ambiant ?

Mieux vaut prévenir

      Nous nous plaignons volontiers du bruit de la circulation routière, mais nous y contribuons aussi. Par la voiture que nous choisissons et la manière dont nous l'entretenons, mais surtout par notre manière de conduire... Si le bruit est l'affaie de tous, c'est d'abord parce que chacun y met du sien !
      A la maison, à la fac, au lycée, au bureau ou pendant nos loisirs, la meilleure manière de lutter contre le bruit est la prévention. En aménageant notre espace de vie ou de travail, tenons moins compte de l'esthétique de du nombre de personnes qui se partagent les lieux, chacune devant nécessairement faire du bruit, mais aussi subir celui des autres.
      Avant de faire appel à un acousticien, qui fera le tour de nos problèmes de bruit et nous proposera une solution globale, jouant sur un changement de revêtement de sol, la pose d'un revêtement mural antibruit, etc. souvenons-nous que, là, comme ailleurs, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures, et que quatre rondelles de caoutchouc sous une chaise ou un support d'enceintes font parfois plus pour réduire le bruit et les vibrations que de gros travaux d'isolation.
      Quant aux troubles de voisinage, essayons de les régler par la conciliation car nous sommes souvent inconscients du bruit que nous générons nos-mêmes ! Nous sommes tout-à-fait capables de gêner notre entourage en toute innocence ! Avant de laisser les problèmes de bruit gâcher définitivement l'ambiance de notre quartier, en faisant intervenir la police à tout bout de champ,

A bon entendeur

      D'une part, il y a les oreilles, qui ne sont pas deux mais six, puisque chaque oreille en compte trois :

  •       l'oreille externe, qui se compose du pavillon et du conduit auditif fermé par le tympan ;

  •     l'oreille moyenne, qui est une cavité remplie d'air, comprenant trois osselets : le marteau, l'enclume et l'étrier ;

  •       et l'oreille interne, avec la cochlée ou limaçon et ses 15 000 cellules ciliées.

      D'autre part, il y a le son, qui est produit par les vibrations d'un corps (les cordes vocales, par exemple), transmises au tympan par l'intermédiaire de l'air.

      Grâce à la chaîne d'osselets, les vibrations aboutissent aux cellules ciliées, lesquelles les transforment en un influx nerveux, qui se propage jusqu'au cerveau le long du nerf auditif.
      Le son est caractérisé par sa fréquence, exprimée en Hertz (Hz), c'est-à-dire en vibrations par seconde (plus les vibrations sont rapides, plus le son produit est aigu ; plus elles sont lentes, plus il est grave), et par son intensité, exprimée en décibels (dB).

     
Comme un bruit est d'autant plus gênant qu'il est à la fois plus intense et plus aigu, la mesure actuellement la plus utilisée est le décibel (A) ou dB(A), qui donne plus de "poids" aux hautes fréquences.

Le bruit en chiffres
Sources : Caisse nationale d'assurances maladie des travailleurs salariés et ministère de l'Environnement.

      100 000          le nombre de plaintes déposées chaque année

      35 milliards      c'est le chiffre estimé du coût du bruit en matière
                                          de santé.

Bon à savoir :
     
L'échelle des décibels est logarithmique, c'est-à-dire que la force du son double à chaque augmentation de 3 dB. De ce fait, si quelqu'un peut être exposé à

  • 85 décibels 40 heures par semaine, il ne peut supporter

  • 88 décibels que 20 heures par semaine,

  • 91 décibels que 10 heures par semaine,

  • etc...


      Autrement dit, une soirée par semaine en discothèque, c'est déjà trop pour nos petites oreilles...
      En ce qui concerne les
balladeurs (walkmans), poussés à fond, ils peuvent atteindre sans difficulté 100 à 105 dB, cela devrait logiquement limiter leur utilisation à... (tiens-toi bien !) un quart d'heure par jour. Et on en est loin !

     
En résumé :
  • S'exposer à 90 dB(A) de façon régulière ou prolongée peut nuire gravement à la santé (et aux oreilles !)


Que


  faire ?

Troubles de

  voisinage :

La liberté commence où finit celle des autres.

Attention !
     
Tous les inconvénients du voisinage ne sont pas considérés par la justice comme "anormaux". Chacun est maître chez lui. Nous sommes bien obligés de tolérer la présence du voisin (de l'entendre fermer sa porte, de supporter les jappements de joie de son petit chien quand il rentre chez lui...) Pour que le trouble soit qualifié d'anormal, il doit être excessif, c'est-à-dire dépasser un désagrément ordinaire.
   
  Les juges décident au cas par cas, en fonction

  • du lieu (un coq est toléré à la campagne),

  • de la durée

  • et de la répétition du trouble (un pianiste qui joue une heure par semaine ou 5 heures par jour ?),

  • de son intensité (combien de décibels)

  • et de la personnalité du plaignant (dame âgée, mère de jeunes enfants, etc.).



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