Les faux monnayeurs : résumé et fiche de lecture

Publiés en 1925 dans la Nouvelle Revue française, « Les faux monnayeurs » sont de nos jours considérés comme l’une des œuvres les plus importantes du XXe siècle. Le roman est le précurseur des mouvements littéraires comme le nouveau roman et est inscrit dans la liste du grand prix des meilleurs romans du demi-siècle. Cet ouvrage littéraire se caractérise par la liberté d’écriture et la multiplicité des personnages : c’est la rupture avec la tradition littéraire du roman linéaire.

Histoire centrale

L’histoire centrale s’articule autour de trois personnages, deux jeunes garçons lycéens et un homme de 38 ans.

Bernard, un lycéen parisien de 17 ou 18 ans sur le point de passer son bachot, découvre qu’il est en réalité le fruit d’un amour interdit entre sa mère et un amant de passage. Il en conçoit un profond dégoût pour l’homme qui l’a pourtant élevé, mais qui n’est pas son père et qu’il n’a d’ailleurs jamais aimé. Il décide de fuir la maison, mais ne sachant où aller, il se réfugie chez l’un de ses amis et camarade de classe, Olivier. Ce dernier est un jeune homme timide en manque d’affection, qu’il cherche à combler auprès de ses amis proches ou de son oncle Edouard dont il est amoureux – un amour réciproque, mais que ni l’un ni l’autre ne parviennent à exprimer. Néanmoins, suite à un concours de circonstances, Bernard se retrouve engagé par Edouard, qui exerce en tant qu’écrivain, et en tant que secrétaire. Ils s’en vont tous deux pour un séjour dans les montagnes.

Par dépit et jalousie, Olivier se laisse donc séduire par le comte de Passavant, un écrivain à la mode, riche, dandy et pédéraste mais aussi cynique et manipulateur, qui convoitant le garçon depuis un moment, profite de ses états d’âme pour se l’accaparer. L’influence du comte sur le garçon est pernicieuse : Olivier devient foncièrement mauvais, brutal, détestable même au regard de ses meilleurs amis. Il finit par s’en rendre compte mais sombre dans une dépression noire, sans savoir comment faire machine arrière. Lors d’une soirée mondaine, il se saoule et se ridiculise devant tout le monde puis sombre dans une torpeur éthylique. Il est finalement rattrapé et soigné par l’oncle Edouard, dans les bras duquel il achèvera la nuit. Au matin, il fait une tentative de suicide, non pas par désespoir dira-t-il, mais au contraire parce qu’il a connu un tel bonheur cette nuit-là qu’il a senti n’avoir plus rien à espérer de la vie. Il va finir par rester vivre chez son oncle, grâce à la bienveillance de sa mère qui devine bien les relations liant son frère à son fils, mais ne veut surtout pas les détruire.

Intrigues secondaires

Autour de cette histoire centrale se déroulent plusieurs intrigues secondaires :

  • Celle du grand frère d’Olivier, Vincent, qui connaît avec une cousine éloignée une amourette au fruit amer puisqu’il la rend enceinte. Il abandonne lâchement ses responsabilités pour se perdre auprès de lady Griffith, une amie du comte de Passavant mais plus cynique encore. Il finit par assassiner cette dernière au beau milieu d’un voyage halluciné en Afrique.
  • Celle du petit frère d’Olivier, Georges, un jeune garçon calculateur qui n’a pas froid aux yeux et qui vire à la délinquance, manipulé par un sous-fifre du comte de Passavant.
  • Celle d’un ami d’Olivier, Armand, désabusé et dépressif, qui vire totalement au nihilisme dans ses attitudes et ses idées. Il finit évidemment par trouver sa voie auprès du cynisme du comte de Passavant.
  • Les adultes du roman ont également leurs histoires : le père de Bernard, juge d’instruction qui suit une affaire où Georges s’y trouve mêlé ; le père d’Olivier, qui est tiraillé entre sa femme, sa famille et sa maîtresse ; un vieil organiste qui rêve quant à lui de retrouver son petit-fils perdu mais se trouve terriblement déçu lorsqu’il le rencontre.
  • Et puis il y a Boris, le petit-fils de l’organiste, jeune enfant fragile rencontré dans un sanatorium en montagne par Edouard et Bernard et qui est ramené à Paris afin de l’éloigner de la maladie de Bronja, fille de sa doctoresse, qu’il vénère, mais également de ses penchants à la masturbation avec ses amis, attitude jugée honteuse et maladive à cette époque. Perdu, désespéré et abandonné de tous y compris d’Edouard, qui s’était pourtant juré de s’en occuper, maltraité par Georges et ses copains, il fera office de victime expiatoire d’un drame épouvantable qui clôt le roman sur une note terriblement sombre.