Perte de sang hors période des règles : quand faut-il s’inquiéter ?

On appelle métrorragie toute perte de sang utérin hors période des règles. D’abondance plus ou moins importante, de courte ou de longue durée, une consultation médicale est obligatoire dans ces cas.

Cycle menstruel et régularité

À la puberté, surviennent les 1ers règles. Sous l’effet des hormones, l’utérus se prépare à une fécondation des ovules provenant des ovaires par les spermatozoïdes ou par un spermatozoïde. Pour ceci, de fins vaisseaux sanguins se prolifèrent sur les parois internes de l’utérus de la femme, pour préparer la nidation du futur fœtus. Or, si une fécondation n’a pas eu lieu, au bout de quelques jours, ses microvaisseaux se détachent et forment un saignement vaginal, c’est ce qu’on appelle menstruation ou règles. Ces deux noms ne sont pas la par hasard, c’est que ce saignement est cyclique et survient une fois par mois. La durée des règles est de 3 à 5 jours. Des cas de cycles plus longs avec des durées de règles plus étendues (6 à 7 jours) sont à noter.

Hors cette période, tout saignement est suspect et nécessite une prise en charge médicale.

Les causes des métrorragies

Les saignements hors règles peuvent durer quelques jours, le sang peut avoir une couleur rouge ou noirâtre et peut être sous forme de caillot.

On distingue les métrorragies en période d’activité génitale, celles en prépuberté et celles survenues après la ménopause. Dans 80 % des cas, ces hémorragies hors périodes de règles ou métrorragies sont dues à un trouble hormonal. Une exploration gynécologique et biologique est nécessaire : échographie endovaginale et éventuellement une hystéroscopie (examen endoscopique de l’utérus) et dosage des hormones dans le sang (FSH, LH, Progestérone,…). Et là, on parle de métrorragies fonctionnelles, liées essentiellement au déséquilibre hormonal qui peut être corrigé par prises médicamenteuses en l’absence de lésions de l’hypophyse.

Ces saignements anormaux peuvent cacher des lésions organiques diagnostiquées par échographie pelvienne, endovaginale ou par des explorations plus poussées. Des formations anormales telles que le fibrome, le polype et le myome qui sont des tumeurs non cancéreuses des masses dans la paroi interne de l’utérus ou dans le muscle utérin. Parfois les causes des métrorragies sont des tumeurs malignes.

Les troubles de l’hémostase (coagulation de sang) liés à des causes externes (prise de médicaments particuliers) ou des causes internes (déséquilibre des facteurs de coagulation) peuvent être la cause de ces métrorragies.

Au cours de la grossesse, des métrorragies peuvent survenir et ne sont pas bon signe. C’est une sonnette d’alarme soit pour fausse couche ou une grossesse extra-utérine en début de grossesse, soit signe d’hématome rétroplacentaire, une hémorragie entre le placenta et l’utérus et qui peut mettre en danger la vie de l’enfant et de la maman.

Quand s’inquiéter ?

Il faut toujours s’inquiéter en cas de saignements hors période des règles. Les notions de spotting (taches de sang hors menstruation) peuvent être passagères et sans danger. Des métrorragies qui durent peuvent causer une anémie à cause de la perte accrue de sang et automatiquement du fer.

Autre risque, les tumeurs malignes. Une métrorragie même après cure thérapeutique ou acte chirurgical qui récidive peut cacher des signes de malignité.

Les biopsies faites automatiquement après extraction des tumeurs et après analyses cytologiques à la recherche de cellules malignes sont les seules orientations exploratrices pour les médecins.

Les cancers utérins sont à 95 % des carcinomes de l’endomètre, des cellules malignes envahissant le revêtement interne de l’utérus (endomètre) et peuvent se propager vers d’autres organes de la femme.

Des pertes de sang hors règles sont courantes et de causes différentes. Il faut agir vite et prendre sa santé au sérieux. Un petit saignement peut cacher une masse utérine qui, dans la majorité des cas, a des indications chirurgicales. Les tumeurs peuvent être bénignes mais elles peuvent être malignes aussi. Un diagnostic précoce évite le pire.

Traitements

Dans le cas des métrorragies fonctionnelles, seuls les progestatifs (traitement à base de progestérone) sont prescrits. Si les saignements persistent plus de 36 heures, on fait recours parfois à une injection intraveineuse de l’œstrogène (hormone). Au-delà de 15 jours, et en cas d’échec thérapeutique, un curetage hémostatique est indiqué pour aspirer la muqueuse qui saigne. Pour les polypes, myomes et fibromes, l’indication est chirurgicale l’ablation de ces masses utérines délivre des saignements.